Quel avenir pour l’agriculture biologique ?

3 Juil 2019

A l’heure de la remise en question de l’utilisation du glyphosate par les exploitants agricoles, l’agriculture biologique atteint son heure de gloire. Les objectifs ambitieux portés par le Grenelle de l’Environnement ont incité les agriculteurs à convertir leur mode de production vers le bio. Mais que signifie agriculture biologique ? En quoi l’agriculture biologique favorise-t-elle la biodiversité ? Pourquoi encourager l’agriculture biologique comme le fait le gouvernement ? Éléments de réponse.

Près de 80 jardins partagés ont déjà vu le jour à Paris en un peu plus de dix ans. © benoit theodore / Flickr

Comprendre l’agriculture biologique

Comment se fait l’agriculture biologique ? En quoi l’agriculture biologique est-elle durable ? L’agriculture biologique s’oppose à l’agriculture traditionnelle. Les producteurs bio ont en effet recours à des méthodes alternatives pour cultiver leurs terres ou élever leurs bêtes. Ils bannissent tous les produits chimiques et les organismes génétiquement modifiés (OGM). C’est donc le retour vers une agriculture plus brute. En respectant les équilibres naturels, l’agriculture biologique préserve la qualité des sols, protège la biodiversité et améliore la qualité de l’eau et de l’air. Ce mode de production permet également de revitaliser des territoires par la création d’activités et d’emplois face à une agriculture traditionnelle à bout de souffle.

Rappelons que le gouvernement de François Fillon, à travers le Grenelle de l’Environnement, a souhaité dès 2007 développer la filière biologique. Alors que très peu d’exploitations pouvaient se targuer de produire bio (environ 2 %), l’objectif prévoyait d’atteindre 6 % des surfaces agricoles utiles en 2012 et 20 % en 2020. Une ambition payante puisqu’en 2016, 13 % des exploitations s’étaient engagées en bio plaçant la France au 7e rang des pays disposant de surfaces en agriculture biologique.

L’agriculture biologique de demain

Face à ce déploiement rapide, nous pouvons nous demander si l’agriculture biologique a de l’avenir. Les producteurs de grandes cultures et les éleveurs intensifs donnent encore une mauvaise image de l’agriculture. Nous assistons dans les villes à l’éclosion d’une nature urbaine moins artificielle. Et les agriculteurs bio ont toute leur place au sein des villes de demain. Avec des ruches en plein Paris et des toitures végétalisées, la biodiversité fait son grand retour. Si les néo-ruraux en quête d’air pur quittent les villes pour s’installer à la campagne, la campagne, quant à elle, vient aussi s’installer en ville. Cela se fait pour le meilleur car l’impact est en effet très positif. L’agriculture biologique au sein des villes permet de dépolluer l’air affecté par les gaz d’échappement notamment. La culture hors-sol est d’ailleurs particulièrement adaptée à cette agriculture 2.0 que diverses approches participatives permettent de développer. On peut présager à l’agriculture biologique un avenir radieux, les scandales sanitaires éclatant jour après jour. Les consommateurs cherchent à s’alimenter en éliminant tout risque pour leur santé. Si le bien-être se trouve dans l’assiette, il va falloir de plus en plus compter avec les fruits et légumes biologiques mais aussi sur le vin, la viande ou encore les pâtes bio.

écharpe cooperation unesco projet

Les habitants déroulent pour l’Unesco une écharpe de 375 mètres dont la confection avec 50 000 carreaux de laine leur a pris deux ans. © Odile Zibret

Obtention du label agriculture biologique

N’est pas agriculteur biologique qui le décrète. Il faut en effet répondre à un cahier des charges très précis pour pouvoir afficher la fameuse certification AB. Mais qui délivre le label agriculture biologique ? Derrière ces initiales, on trouve l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique appelée également Agence Bio. C’est le ministère français de l’Agriculture qui a créé ce label en 1985 alors que ce mode de production alternative n’en était qu’à ses balbutiements. A noter que les critères à respecter pour obtenir la certification ont été uniformisés en Europe en 2009. Les nouveaux critères sont moins contraignants que ceux préconisés par le label initial. Parmi les garanties qu’offre le label AB aux consommateurs, figure notamment le fait que l’aliment doit être composé au moins de 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique.

Zoom sur l’agriculture biodynamique

Après avoir étudié en quoi l’agriculture biologique permet de préserver la biodiversité, penchons-nous sur l’agriculture biodynamique. Mais d’abord, qu’est-ce que l’agriculture biodynamique ? Il s’agit d’un type d’agriculture biologique plus poussé. Concrètement, ses partisans estiment que pour produire des aliments de qualité, la terre doit être en pleine santé. Une terre qui a, selon eux, souffert de plusieurs décennies de traitements chimiques. L’agriculture biodynamique prône donc une plus grande biodiversité des sols pour assurer une agriculture pérenne. Là encore, une certification permet de distinguer les exploitants qui respectent ce mode de production particulier. La certification Demeter est réputée internationalement pour ses cahiers des charges extrêmement stricts auxquels les agriculteurs doivent répondre pour intégrer ce réseau. Loin d’être un effet de mode, la biodynamie est apparue dans les années 1920 lorsque des chercheurs ont pu constater la dégénérescence des plantes et la baisse de la fécondité au sein des troupeaux. L’agriculture biologique et, a fortiori, l’agriculture biodynamique sont donc très favorables à la biodiversité et au développement durable mais aussi à la revitalisation des territoires et des villes.

Demain la Ville

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